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Ocre ferreuse - alerte à la bactérie mangeuse de fer PDF Print
Publié lundi le 29 Juin 2009

Il y a environ vingt-cinq ans, des agriculteurs se sont aperçus que pour produire des récoltes hâtives, il était primordial de drainer les sols afin que l'eau de la fonte des neiges puisse s'évacuer le plus rapidement possible et ainsi permettre à la machinerie agricole de circuler dans les champs et commencer l'ensemencement plus tôt dans la saison.

Donc, pour atteindre cet objectif, on installa, à des intervalles réguliers, des drains répartis en fonction de la pente des sols. Ces drains avaient pour fonction de drainer l'excès d'eau de pluie et de la fonte des neiges afin d'éviter qu'elle ne stagne dans le sol. C'est alors que la problématique de l'ocre ferreuse a fait ses premiers dommages dans le domaine de l'agriculture. En effet, ces cultivateurs se sont aperçus que leurs drains se colmataient par des dépôts rougeâtres et visqueux. À cette époque, le phénomène suscita l'intérêt de certains chercheurs qui tentèrent de trouver des solutions au problème. À notre avis, aucune autre recherche jusqu'à maintenant n'a été effectuée plus sérieusement en ce qui a trait au colmatage des drains résidentiels par l'ocre ferreuse.

Drain bouché par l'ocre ferreuse

Ocre ferreuse

Formation de l'ocre ferreuse

En présence d'eau et d'oxygène, le fer présent dans le sol s'oxyde, formant ainsi une boue d'hydroxyde de fer qui obstrue le drain progressivement. Ce dépôt est d'abord observable sur la face interne des drains français et peut ainsi le boucher partiellement ou complètement.

Il existe deux sortes de dépôts d'ocre, soit les dépôts d'origine bactérienne et ceux résultant d'une réaction chimique. On les retrouve tous deux sous forme de dépôts de couleur rouille. Les dépôts d'ocre se produisent généralement dans deux classes de sol. Premièrement, dans les sols aérés tels que les sables et, deuxièmement, dans les sols situés dans les bas fonds saturés en permanence. La matière organique se dissout dans l'eau contenue dans le sol, ce qui crée un environnement anaérobie permettant à l'ocre de se dissoudre dans l'eau de drainage. Au contact de l'air, cette ocre se dépose ou précipite.

Ocre ferreuse

On retrouve le problème d'accumulation d'ocre ferreuse sous différentes formes à travers le monde. Certaines études ont démontré que les concentrations minimales de fer requises pour la formation d'ocre se situent entre .15 et .22 ppm. Pour obtenir une réaction d'ocre ferreuse, trois facteurs doivent être réunis : le type de sol, le PH du sol et la température du sol, ce qui distingue les types d'ocre permanents et temporaires. Les types de sols québécois riches en fer et en dépôts d'ocre fibreuse rouge produiront des dépôts ferreux indéfiniment, contrairement aux types de sols retrouvés dans d'autres secteurs qui eux peuvent, dans certains cas, être temporaires.

Présentement, au Québec, les cas portés à notre attention sont plutôt de type permanent. Dans ce cas, le problème est sérieux. En effet, les options de correction sont plus coûteuses et souvent temporaires. Parmi celles-ci, mentionnons l'ajout de matériaux à grande porosité et à PH qui neutralise celui du fer, tels que des copeaux de bois et de la paille, l'installation de regards de nettoyage ou, plus radicalement, rendre la fondation étanche et même soulever la maison afin de la sortir de la zone affectée. D'autres solutions sont élaborées dans divers documents.

Conditions de sol contribuant à la formation d'ocre ferreuse

Plusieurs études ont été effectuées aux États-Unis pour déterminer s'il y avait bel et bien une relation entre les types de sol et l'ocre s'accumulant dans les drains. Les types de sol qui paraissent avoir le plus grand potentiel dans la formation d'ocre sont les sables fins, les sables silteux, les sols organiques et les sols contenant de la matière minérale. Aussi, on peut remarquer la présence de cette problématique lorsque les drains sont situés dans un endroit potentiellement inondable, comme au bas d'une pente ou dans une zone où la nappe phréatique varie. Nous croyons que la variation de l'eau peut contribuer à accentuer la formation d'ocre.

Ocre ferreuse

Par ailleurs, il est possible de voir sans creuser et simplement en observant les environs, tels les fossés et le bord des rivières, que le sol est à risque pour la formation d'ocre ferreuse. En effet, il est possible parfois de constater dans les fossés des dépôts d'ocre flottant à la surface de l'eau stagnante. Une analyse de laboratoire confirmant la présence de Fe2+ dans le sol indique le potentiel de réaction de l'ocre ferreuse.

Ocre ferreuse

Mesures pour minimiser la formation d'ocre ferreuse dans les drains

Plusieurs approches différentes sont présentement étudiées pour minimiser ou aider à diminuer la création d'ocre ferreuse dans les drains autour des bâtiments résidentiels et commerciaux. Ces méthodes ne sont que temporaires et aucune étude sur leur efficacité à long terme n'a encore été effectuée. Par contre, comme chaque cas est unique, il est important de consulter un expert afin de déterminer l'ampleur de la problématique.

Seulement trois solutions permanentes existent afin d'empêcher l'ocre d'atteindre le drain et de s'infiltrer dans le bâtiment. Ce sont :

Le cuvelage étanche de la fondation;
L'élévation de la maison hors de la zone affectée;
Le remplissage du sous-sol avec des matériaux granulaires (condamner le sous-sol).

Puisque dans certains cas l'origine de l'ocre fait que le problème revient continuellement, les méthodes les plus simples peuvent n'être que temporaires et palliatives, tel qu'énoncé précédemment. Considérant la présence répandue de fer dans les sols québécois et conscients des dommages importants que peut occasionner l'ocre ferreuse, il est primordial que les organismes québécois concernés par l'habitation se penchent sur cette question afin de faire la lumière sur le problème pour éviter que des propriétaires ne vivent de tels cauchemars.

Attention:

Afin de mieux mesurer l'ampleur du phénomène, le Centre IEB Québec invite les consommateurs qui croient être aux prises avec la bactérie et ses ravages, à remplir le questionnaire conçu à cet effet par l'Association des consommateurs pour la qualité dans la construction au http://www.consommateur.qc.ca/acqc/

Autre site de référence Radio-Canada - La facture : http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/lafacture/niveau2_11797.shtml

Téléphone:
(450) 444-5254 ou 1 888 844-5254
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